Les oiseaux

Lecture performance de Denis Lavant /D’après Les oiseaux de Pierre Bergounioux

Jeudi 9 juillet

à 20 h

Tarif plein : 12€

Tarif réduit : 7€

Gratuité pour les étudiant·es, demandeur·euses d’emploi, bénéficiaires du RSA et de l’allocation adulte handicapé·e

En partenariat avec

Publié en 2022 dans la collection « Penser, décider, agir », Les oiseaux de  Pierre Bergounioux livre une réflexion fulgurante sur la disparition silencieuse des oiseaux. À la ville, à la campagne, les oiseaux voient leurs rangs se clairsemer, leurs chants se raréfier. Peu à peu, ils disparaissent. Pierre Bergounioux évoque leur place dans sa vie : au fil des mots, il réveille, révèle les liens tissés avec eux, dans une langue poétique, à la fois magique et réaliste, d’autant plus implacable. L’écrivain, en une formule ramassée et fulgurante, nous livre une pensée qui ne peut laisser indifférent.

Après une première remarquée à la Maison Julien-Gracq, la Villa Valmont s’associe aux éditions Belopolie pour accueillir l’acteur emblématique de la filmographie de Leos Carax, Denis Lavant, qui en propose une interprétation sous la forme d’une lecture-performance.

Pour cette date inédite, la nature devient la protagoniste de la mise en scène et le dispositif initial de la performance quitte la « boîte noire » du théâtre pour s’implanter au cœur du parc arboré de la Villa, et créer une résonance organique avec le texte.

Avec cette proposition immersive d’une heure, la parole littéraire s’installe là où le vivant se déploie, unissant  l’écriture de Pierre Bergounioux et le corps de l’acteur, Denis Lavant, à la réalité écologique de l’environnement.

Adaptation, mise en scène et scénographie : Alexandre Curnier et Gwénaël Porte
Régie son et lumière : Soslan Cavador

© éditions Belopolie

Pierre Bergounioux 

Pierre Bergounioux est écrivain, essayiste, sculpteur. De son premier roman Catherine (Gallimard, 1984) à son journal Carnet de notes tenu depuis 1980 (Verdier), en passant par  Miette (Gallimard, 1995, prix France Culture) ou École : mission accomplie (Les Prairies ordinaires, 2006), il interroge la place de la littérature dans la société et sa capacité à sans  cesse élucider le monde.

Son œuvre, éclatante et politique, témoigne de la mutation qui a vu,  en moins d’un demi-siècle, les campagnes d’Europe occidentale se vider de leur population. Elle est née d’un double saisissement : la certitude que les réponses aux questions d’un  adolescent se trouvent dans les livres, mais aussi la cruelle révélation que ceux pouvant l’éclairer sont à écrire : « Le livre ouvre, comme à deux battants, sur l’horizon de l’universel  – le vaste monde, la longue durée. Rien ne nous éclairera sur notre propre expérience, étroitement située et datée, comme ces parallélépipèdes portatifs de papier imprimé. »

Cette conscience des pouvoirs de la littérature et de l’inégale répartition des lumières qu’elle  dispense structure l’ensemble de son travail.  Pierre Bergounioux est le lauréat du prix de la Langue française 2021. Il a publié cette année un nouveau tome de son Carnet de notes 2021-2025 aux éditions Verdier

© Gilles le Mao

Denis Lavant

Denis Lavant est formé à l’école du mime et de l’acrobatie, et au Conservatoire national supérieur d’art dramatique sous la direction de Jacques Lassalle.

Au théâtre, il joue sous la direction de Razerka Ben Sadia-Lavant, Lukas Hemleb, Dan  Jemmett, Matthias Langhoff, Jacques Osinski, Bernard Sobel ou Antoine Vitez. Plus  récemment, il s’est emparé des œuvres de Samuel Becket – L’Image, La Dernière Bande,  Cap au pire, En attendant Godot – sous la forme de performances saluées par la critique. Pour son interprétation de Clov, dans Fin de partie, il est récompensé en 2025 et reçoit le Molière du comédien dans un spectacle de théâtre public. Au cinéma, son expressivité bouleversante lui permet de travailler avec Claire Denis, Kim Ki-duk, Harmony Korine, Arnaud et Jean-Marie Larrieu ou François Ozon.

Il devient l’acteur fétiche de Leos Carax en 1984 avec Boy Meets Girl. En 2008, ils composent  ensemble le personnage récurrent de Monsieur Merde (dans Tokyo, Holy Motors, C’est pas  moi), une créature sauvage et violente vivant dans les égouts de Tokyo, symbole de l’anarchie
et de la subversion. 

En marge du cinéma et du théâtre, il entreprend des lectures publiques, répond à des cartes blanches poétiques.

« L’acte de jouer, cette effronterie qu’on a de monter sur un tréteau de théâtre, cette notion qui contient anéantissement et renaissance  mêlée, fait écho au torero, écrit Denis Lavant dans Échappées belles paru en 2020. […] Dans toute ma trajectoire, le seul désir que j’ai pu exprimer, c’est celui de jouer. Ce n’est pas simplement un désir, c’est une nécessité vitale. »

© Gwenael Porte

Alexandre Curnier et Gwenaël Porte

Issus des mondes de l’image et de la pensée, Alexandre Curnier et Gwenaël Porte croisent leurs regards en 2021 pour fonder la revue La nuit., publiée par la maison d’édition indépendante Belopolie.

Le premier a forgé son parcours dans l’édition d’art (Flammarion, Paris Musées). Fondateur de la revue culturelle Noto, il concilie aujourd’hui ses activités d’éditeur et de commissaire d’exposition. Le second, diplômé de l’École nationale supérieure de la photographie après des études de cinéma, déploie un travail visuel exposé en France et à l’international.

Leur collaboration artistique débute dès 2020 avec la création d’une œuvre commune, Sur la pointe des vagues verticalement sous le soleil, paillettes lumineuses dans un espace très circonscrit, pour l’exposition « Nous ne savions pas ce que vos yeux regardaient ». Présentée à l’Espace d’art contemporain de Toulouse sous le commissariat d’Alexandre Curnier, cette première synergie créative a scellé leur volonté de mettre en commun leurs univers respectifs.

Ensemble, ils font de l’édition un acte d’engagement. Dans La nuit., ils ouvrent un espace au temps long à travers de grands entretiens avec des penseurs tels qu’Éric Fassin, Michaël Fossel ou Dominique Méda. Cette démarche se prolonge avec la collection « Penser, décider, agir », qui accueille les textes d’intervention d’Axelle Brodiez- Dolino, Dominique Rousseau ou France Théoret.

Aujourd’hui, ils portent cette recherche de sens au plateau : Les Oiseaux, avec Denis Lavant, marque leur première création pour la scène. En 2026, ils créent la compagnie Le rêve d’une chose. Ils travaillent actuellement à l’écriture d’un nouveau texte destiné au théâtre.