Sieste aquaphonique
La sieste aquaphonique est née de l’écriture du texte Espaces aquaphoniques par l’autrice metteure en scène Laurence de la Fuente, recueil de poèmes qui évoquent le son de l’eau, la résonance de l’élément liquide dans la nature ou dans nos imaginaires. Ces Espaces aquaphoniques dessinent une cartographie bruitiste et féministe des espaces aquatiques. On y croise des ondines, des noyées, des naïades, des cinéastes, on nage dans les fleuves ou en piscine, on y écoute des onomatopées liquides…
Cet ouvrage s’est enrichi des carnets météorologiques de son grand-père, dans lesquels il a consigné la météo quotidienne durant une vingtaine d’années : certaines notations sont purement factuelles mais d’autres évoquent la couleur du ciel, des nuages, la qualité précise de la pluie, et son propre ressenti climatique.
Les textes évoquent donc tout à la fois la sonorité des lacs, ruisseaux, fleuves, des pluies, tout en abordant les questions posées par le dérèglement climatique, l’écoféminisme, la fonte des glaciers, la sensibilité aux sons du vivant…
Une proposition à partir de ce texte poétique comme une invitation à la rêverie, en suivant le fil de l’eau, par association d’idées, par ricochets de mots, comme des ronds dans l’eau… dans une invitation à la contemplation du paysage.
Une création de la Cie Pension de Famille avec le soutien de Permanences de la littérature, de la Villa Valmont, de la Ville de Lormont, et du Département de la Gironde.
Laurence de la Fuente
Laurence de la Fuente est écrivaine et metteure en scène. Elle a suivi des études littéraires et cinématographiques.
Elle écrit des récits, des fictions, ou des textes poétiques, sortes de fantaisies littéraires. Elle se définit comme une arpenteuse d’espaces, et écrit à partir de ces espaces hospitaliers qui abritent l’écriture. Elle anime, en écho à ses propres textes, des ateliers d’écriture qui donnent lieu bien souvent à des performances. Elle a été en résidence à la Villa Valmont et au Chalet Mauriac, pour l’écriture de son prochain livre, Espaces aquaphoniques en 2023 et 2024.
Elle a publié en 2022 aux éditions de l’Attente Domiciles fantômes, un récit mettant en jeu diverses adresses, personnelles et fictives, en collaboration avec Françoise Valéry, Échanges giratoires aux éditions N’a qu’1 oeil, ainsi que Les Performances éthologiques de Font aux éditions de l’Attente. Elle publie dans diverses revues : Vif, Espace(s) Frictions, D-Fictions…
Parallèlement à son écriture, elle met en scène des adaptations de textes littéraires dans lesquels les secrets de famille se dévoilent et les silences prennent corps (Véronique Ovaldé, Alban Lefranc, Laurent Mauvignier, Antonio Lobo Antunes, Laurence de la Fuente…). Elle s’attache plus particulièrement à des figures émancipatrices réelles : La chanteuse Nico (Vous n’étiez pas là), Franz Kafka (Lettre au père), l’écrivain et militant politique de la R.A.F, Bernward Vesper (Vesper), des actrices porte-parole (Les actrices), ou fictionnelles : Ludidrama, Atanasia (d’après le texte de Véronique Ovaldé Soyez imprudents !)
Elle convoque également des amateurices dans ses propositions pluridisciplinaires, en élaborant des performances, des rituels collectifs impliquant le public dans des lieux insolites (piscines, parcs, lacs, appartements…), en tissant des liens, des relations avec les spectateurs devenus participants. Ses dramaturgies poétiques sans cesse renouvelées, diffractées, recomposées en fonction des lieux et du cadre, entrent en résonance avec l’univers des musicien·nes et des artistes visuels complices.
Clément Bernardeau
Artiste sonore, compositeur, musicien et créateur sonore, Clément Bernardeau travaille la matière sonore sous toutes ses formes – pour ses projets personnels mais aussi pour le spectacle vivant, la musique à l’image, et tous projets en lien avec le son. Son activité l’amène à collaborer avec des compagnies théâtrales et chorégraphiques, des réalisateur.trices, des auteur.trice.s, des commissaires d’expositions, et tous porteurs de projets souhaitant documenter leur travail au travers du son.
Aujourd’hui, sa pratique oscille entre Field Recording, musique expérimentale, installations et pièces sonores. Dans son approche du travail du son, l’important pour lui est de débusquer du musical et de produire de l’écoute là où on ne l’imagine pas, de donner à entendre une interprétation sensible des sons du monde, d’aborder l’écoute dans sa globalité, non seulement sous l’angle acoustique et musical, mais aussi dans une perspective culturelle, écologique et anthropologique.
© Loïc Chabrier