Loreleï Dupé

© Matis Deyna

En résidence en octobre 2026

Loreleï Dupé

Loreleï Dupé est comédienne, danseuse et metteuse en scène pour la compagnie Koimété, ainsi que doctorante contractuelle de recherche-création en théâtre, au sein du laboratoire de recherche ARTES à l’université Bordeaux Montaigne.
En mars 2022, elle crée avec Antoine Gadais la compagnie Koimété. Passionné·es par les écritures à la fois textuelle et plastique, iels défendent un théâtre ludique et engagé, sensible et aux prises avec de grandes questions métaphysiques, comme autant de champs d’expérimentations concrètes et esthétiques.
Sa thèse de doctorat traite des personnages de mort·e·s dans les pièces de théâtre de Patrick Kerman, auteur contemporain français décédé en février 2000. Elle s’intitule : « Comprendre les mort·e·s de Patrick Kermann ? Expérimentation d’un nouvel espace dans le théâtre contemporain. »
Elle travaille donc actuellement sur la pièce qui accompagne se thèse de recherche-création : Habiter le Néant. Cette adaptation de La Mastication des morts de Patrick Kermann, va lui permettre de mettre en pratique ses recherches sur « les théâtres des mort·es ». Son objectif est de développer un discours politique sur la mort, allié à une esthétique puissante.

Son projet de résidence 

Les thèses de recherche-création ont pour objectif de créer de la collaboration entre les sciences exactes et les sciences humaines et sociales, la philosophie, et les arts. Le but est d’expérimenter des formes esthétiques et dramaturgiques par l’utilisation des outils inhérents à chacune de ces disciplines.

La recherche-création m’a entrainé à aller chercher au-delà de la notion de représentation, notamment lorsqu’on aborde des personnages de mort·es. Pour reprendre le philosophe Jacques Rancière, les recherches en études théâtrales ont inconsciemment assigné à des champs le terme « irreprésentables », c’est-à-dire des exceptions aux possibilités de la représentation. Cette irreprésentabilité serait due au fait que ces sujets ne sont pas intelligibles et démontrables. Il faut donc prendre le chemin de l’antireprésentatif, c’est-à-dire, « faire coïncider une identité entre sens et non-sens avec une identité entre présence et absence » (Jacques Rancière, « S’il y a de l’irreprésentable », Le Genre humain, n°36, 2001, p. 94.)

Or, s’il existe des formes de connaissances – fictionnelles ou réelles – sur un sujet dit irreprésentable, alors des images peuvent en découler. Dès lors, l’irreprésentable ne peut plus exister, il est dépassé. Il est immédiatement remplacé par l’idée d’antireprésentativité, qui ne cherche plus nécessairement à faire correspondre le formel avec le factuel.

Cette résidence me permettra donc de me focaliser sur la rédaction de la partie « création » de la thèse et notamment sur cette notion d’antireprésentation. La Villa Valmont m’offrira un espace de recul – en dehors du plateau et de l’université – pour penser les images que ces mort·es du théâtre font apparaître dans Habiter le néant.