Habiter ce qui reste – écritures du désastre et du refuge 

 

Lectures performées et rencontre avec la plasticienne Anne-Laure Boyer et l’artiste-chercheur Matthieu Duperrex

Animée par Rémy Bercovitz, chercheur et paysagiste

 

Mardi 24 novembre

à 19 h 30

Gratuit

Sur réservation 

En partenariat avec

Matthieu Duperrex se tient là où les eaux se mêlent ; Anne-Laure Boyer, là où les paysages s’engloutissent et resurgissent. Ils explorent des territoires traversés par les transformations, les catastrophes et les formes de vie qui leur résistent.

Artistes-chercheurs, ils travaillent aux marges des disciplines, là où l’enquête de terrain rencontre l’écriture du réel et les formes artistiques. Leurs récits se composent de strates : lieux, temps longs, archives, chiffres, témoignages, plantes, animaux, infrastructures, souvenirs et histoires minuscules.

Ils lisent les paysages à partir de leurs sédiments, de leurs traces, de leurs absences et de leurs réapparitions. Profondeur historique et enjeux contemporains, observation rigoureuse et récit subjectif, intime et politique s’y entremêlent.

Pour cette sortie de résidence croisée à la Villa Valmont, ils feront entrer en conversation leurs mondes, leurs questions et leurs œuvres : que racontent les paysages de ce qui leur est arrivé ? Comment raconter, habiter ou réinventer ce qui demeure ?

La rencontre sera animée par Rémy Bercovitz, chercheur et paysagiste.

Deux lectures performées, proposées par Anne-Laure Boyer et Matthieu Duperrex, viendront ouvrir et refermer la conversation.

©  Anne-Laure Boyer / Matthieu Duperrex

Anne-Laure Boyer

Anne-Laure Boyer ouvre des passages dans les labyrinthes du temps, en travaillant avec les souvenirs, les récits et l’imaginaire des lieux. Sensible à la question du déplacement forcé, elle a réalisé des créations consacrées à la mémoire des personnes déplacées par des grands travaux, des guerres ou des exils. Ses films, ses dessins, ses installations sont comme des paroles rhizomes, qui disent notre humanité commune à sauver de la destruction. Son travail se déploie sur du temps long, en lien étroit avec des territoires, à travers des commandes publiques et des résidences, conçues comme espaces d’échange et de rencontre.

Née en 1979, elle est diplômée de l’Université Paris 8 en arts plastiques, puis de l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Elle a travaillé en France, en Espagne et au Maroc, dans différentes situations de mutation. Basée à Bordeaux depuis 2006, elle a été en résidence à la Casa Velazquez et au Mémorial du Camp de Rivesaltes. Entre 2019 et 2024 elle a réalisé trois importantes commandes d’oeuvres en espace public. Actuellement, elle est entrain de terminer un film de cinéma documentaire sur les villages engloutis par les barrages en Espagne, avec le soutien du CNC, la région Nouvelle-Aquitaine et TV España, qui sortira fin 2025.

©  Patxi Beltzaiz

Matthieu Duperrex

Artiste-chercheur, maître de conférences des Écoles nationales supérieures d’architecture, Matthieu Duperrex travaille depuis plus de 15 ans sur les questions urbaines, de paysage et d’écologie. Issu d’un parcours littéraire, il est diplômé en philosophie, économie, sociologie et arts plastiques. Sa production scientifique – abondante et reconnue – est positionnée dans les champs des humanités écologiques et de l’anthropologie des techniques et des infrastructures. Performances, installations, films, photographie, éditions multimédia, commissariat d’idées, récits littéraires… Ses créations débordent les assignations disciplinaires et procèdent toujours d’enquêtes de terrain sur des milieux anthropisés et territoires sentinelles. Il s’intéresse à l’ordre minéral, aux socio-hydrosystèmes complexes, aux processus de féralité, aux sciences de la zone critique et à l’esthétique du paysage.

©  Fondation Michalski