Entre archives, histoire et création BD, rendre compte de 130 ans d’enfermement au féminin au château de Cadillac

 

Rencontre croisée avec Camille Lavaud Benito, autrice-illustratrice BD, Anne Duprez, autrice guide-conférencière et Olivier du Payrat, administrateur du château de Cadillac

 

Jeudi 22 octobre

à 19 h

Gratuit

Sur réservation 

En partenariat avec

À partir de 1822, le château de Cadillac-sur-Garonne accueille la première prison pour femmes de France, qui atteindra des taux de mortalité effrayants et détiendra près de 10 000 femmes sur l’ensemble du siècle. Un silence et des règles implacables s’imposent au « château-prison » où prévaut une discipline de fer.

Au tournant du XXème, celle-ci ferme pour devenir une « École de préservation de jeunes filles » – autrement dit, un bagne d’enfants.

Des cellules, ou cages à poules, apparaissent alors dans les vastes pièces de l’ancien palais ducal. Les « mauvaises filles », souvent victimes de la toute-puissance masculine et paternelle, punies pour des « fautes » minimes – un avortement, un écart de conduite, la fréquentation des dits « mauvais garçons » avec lesquels elles vont au cinéma… – y endurent des conditions d’existence redoutables, faites de privations et d’humiliation.

 Ce n’est qu’à la suite du suicide de deux pupilles que s’achève, en 1952, la longue parenthèse pénitentiaire du « château-prison » de Cadillac.

Comment ce monument national travaille-t-il aujourd’hui ces mémoires, que nous dit-il de ces sujets et comment créer à partir d’eux ?

avec Camille Lavaud Benito, autrice-illustratrice BD dont le projet en cours explore la mémoire de plusieurs de ces femmes enfermées injustement pour des crimes minimes, et Anne Duprez, autrice guide-conférencière spécialiste de la période et de l’histoire du château.

Une rencontre animée par Olivier du Payrat, administrateur du château de Cadillac.

© Une pupille dormant sur une paillasse. Reproduction Jean-Luc Paillé / CMN

Camille Lavaud Benito

Camille Lavaud Benito est née à Bergerac en 1981 ; elle vit et travaille aujourd’hui dans un village de Dordogne. Artiste inclassable – peintre, illustratrice, autrice de bande dessinée et aspirante réalisatrice – elle dit « penser en dessin » : une pratique quotidienne, intime et essentielle, présente aussi bien dans ses esquisses que dans ses œuvres abouties.

Très tôt, son travail s’ancre dans la question de la mémoire, notamment à travers l’histoire de ses proches, et en particulier la figure de son grand-père immigré espagnol. Elle explore une mémoire vivante et malléable, qui se transforme avec le temps, pour raconter des vies ordinaires, entre souvenirs persistants et zones d’oubli.

Son projet en cours, Les Oubliées retrace l’ignominie des maisons de préservation aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, révélant à la fois les violences institutionnelles et les destins singuliers de jeunes filles confrontées aux normes sociales, idéologiques et familiales de leur temps.

Camille Lavaud Benito est lauréate de la résidence de création Bande-dessinée 2026 portée par la Villa Valmont.

© Camille Lavaud Benito